Sophie Ristelhueber

Sophie Ristelhueber

Beyrouth, Cité sportive, 1984
tirage noir et blanc et papier baryté
50 x 60 cm
pièce unique

Née en 1949 à Paris, Sophie Ristelhueber est d'abord étudiante en lettres à la Sorbonne au début des années 1970. Après un passage par l'édition et la presse, elle quitte le champ de l'écrit pour celui de l'image. En 1980, elle réalise avec Raymond Depardon le film San Clemente qui sort en 1982. Cette même année, elle part à Beyrouth pendant une accalmie de la guerre civile et en revient avec les photographies en noir et blanc de son premier livre, Beyrouth, paru en 1984 et vite remarqué par la singularité de sa relation au reportage et à l'actualité. Si les diptyques de Vulaines (1989) relèvent de l'autobiographie et des souvenirs d'enfance, Fait (1992) revient à la question de la guerre et de ses représentations dans le monde actuel. En octobre 1991, peu après la fin des combats de la première guerre du Golfe, Sophie Ristelhueber parcourt et survole le désert du Koweit, où elle relève les signes pétrifiés ou noircis de la destruction. Elle en garde soixante et onze vues dans son livre au format de poche. Ces traces de la mort à la surface du désert font songer aux cicatrices sur la peau, telles que celles qu'elle photographie dans un hôpital parisien, réunies dans la série EveryOne (1994). Cette conception de la photographie, distanciée, refusant tout effet spectaculaire comme toute anecdote, se trouve à l'oeuvre à nouveau en 2005 dans WB, initiales de West Bank, zone frontalière entre la Cisjordanie et Israël. En hiver 2003-2004, elle y a observé les fossés, les tas de pierres et les débris accumulés qui coupent routes et chemins entre les deux zones. Eleven Blowups (2006) rassemble, tout aussi sobrement, des images de cratères d'explosion, que l'on pourrait croire accidents géologiques plutôt qu'indices d'attentats et de bombardements. Ces travaux ont fait l'objet de publications et d'expositions nombreuses à mesure de leur création.